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Communiquer, c'est gagner !

Par Le 21/09/2022

Apprendre le franc ais en jouant a la bocaJ'aime beaucoup utiliser les jeux de société pour enseigner le français. Jouer crée une situation motivante et joyeuse propice à l'apprentissage d'une compétence ciblée. C'est le cas du jeu « La Boca ».

« La Boca » se joue en équipe de deux joueurs. Le but est de disposer des blocs en bois colorés pour reproduire le profil indiqué sur une carte. Le défi, c'est que les deux joueurs se font face et qu'ils doivent reproduire un modèle commun sans connaître les contraintes de leur partenaire. En jouant contre la montre, les joueurs doivent communiquer le plus efficacement possible pour réaliser la construction parfaite dans le temps le plus court!

C'est un jeu de société très motivant pour apprendre et utiliser les mots « dessus », « dessous », « devant », « derrière » et les locutions « à gauche », « à droite »...

Fabienne a découvert ce jeu pendant son séjour en immersion. Elle s'est prise au jeu et nous aussi !

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Comme c est petit 3

"Que c'est petit !"

Par Le 21/06/2022

A La Roquebrussanne, on ne peut pas randonner dans la Montagne de la Loube sans penser au personnage de Blanquette, la petite chèvre de Monsieur Seguin. Surtout en redescendant vers le village, quand on l'aperçoit au loin ...

Ecrite au dix-neuvième siècle par l'écrivain Alphonse Daudet pour le recueil « Les lettres de mon moulin », la nouvelle « La chèvre de Monsieur Seguin » est un voyage dans les collines provençales et propose une réflexion sur les enjeux et les limites de la liberté.

Si vous ne connaissez pas cette nouvelle, je vous propose d'écouter cette émission de France Inter qui lui est consacrée.

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Apprendre le franc ais en lisant une bande dessine e

Monsieur Paul n'a plus un radis !

Par Le 30/05/2022

Une exposition intitulée « Chez Monsieur Paul » et conçue par l'auteur de bande-dessinée Christophe Bataillon est visible dans le grand jardin de l’atelier du peintre Paul Cézanne à Aix-en-Provence jusqu'à la fin du mois de septembre 2022.

Je trouve les textes de ces bandes-dessinées très intéressants pour enseigner et apprendre le français car ils font la part belle à une forme orale du français vivante et imagée.

Ainsi Cézanne au milieu de sa vie se retrouve sans argent et demande une aide financière à son ami l'écrivain Emile Zola. Christophe Bataillon utilise l'expression « ne plus avoir un radis » pour signifier  que Cézanne n'a plus d'argent. « Radis » est synonyme d' « argent » , de « sou ». Cette expression argotique était utilisée déjà à l'époque de Cézanne comme en atteste ce passage de Pot-Bouille écrit par Emile Zola en 1882 : « Tu sais comment je suis avec les femmes: je leur donnerais ma chemise, mais je ne veux pas qu'elles demandent... Dès qu'elles demandent, ça me vexe, je ne leur fiche pas un radis ».

Cette expression est encore très couramment utilisée alors même que la relation de sens entre le radis et l'argent s'est perdue . 

A votre avis, pourquoi utilise-t'on le synonyme "radis" pour "argent" ?

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Coeur battant

Un "se" qui change tout

Par Le 24/05/2022

En français, beaucoup de verbes existent à la forme pronominale et à la forme non pronominale. Le problème pour les apprenants du français, c'est que certains de ces verbes ont un sens différent selon qu'ils sont à la forme pronominale ou qu'ils sont à la forme non pronominale.

Ainsi « battre » et « se battre » non pas le même sens.« se battre » signifie « combattre » alors que « battre » signifie « être animé de mouvements répétés ». « L'oiseau bat des ailes avant de s'envoler » et « Les amoureux ont le cœur qui bat »

Cette affiche de rue vue récemment dans le quartier du Panier à Marseille joue avec ces deux sens. En perdant son pronom personnel, l'expression « Viens (te) battre si t'es un homme ! » a perdu son agressivité et a gagné en humanité !

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L'arbre qui cache la forêt

Par Le 17/03/2022

Placé légèrement à gauche du centre du tableau dont il occupe toute la hauteur, le Grand Pin constitue l'unique personnage visible du tableau éponyme peint par Paul Cézanne entre 1895 et 1897.

Cézanne ne peut se résoudre à le circonscrire dans le cadre de la toile : son tronc et ses branches se prolongent dans un hors-champ qu'il nous convient d'imaginer. Imaginer ses racines qui abritent une colonie de larves de cigale. Imaginer ces larves qui patientent sept longues années à son pied avant de se métamorphoser sur son tronc et de coloniser ses branches le temps d'un seul été. Sentir les parfums subtils que son écorce exhale par une chaude journée d'été ou après la pluie. Entendre le sifflement de ses aiguilles agitées par un mistral violent. S'enivrer de la cymbalisation des cigales camouflées sur son écorce. Savourer le bruissement de nos pas sur les aiguilles séchées par le temps. Caresser les gouttes de sève, grasses et odorantes, qui perlent à la surface de son écorce rugueuse.

Comme souvent avec la peinture de Cézanne, la contemplation du Grand Pin ouvre un gouffre entre une réalité visible - la présence du résineux dans le paysage provençal - et une réalité sensible composée de la somme de nos expériences sensorielles. Et cette contemplation nous plonge dans un délicieux abîme.

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Proximite verticale

Le masculin l'emporte toujours sur le féminin !

Par Le 13/03/2022

Comme de très nombreux écoliers francophones, c'est par cette formule insolente que j'ai appris et mémorisé la règle d'accord en genre de l'adjectif et du participe passé. Ainsi, j'ai appris qu'on doit dire et écrire « Le garçon et la fille sont beaux » au nom de cette règle grammaticale car il y a un nom masculin dans la proposition.


Quand j'étais professeure des écoles, enseigner cette règle a été problématique. Il n'était pas question que j'utilise cette formule misogyne. Pourtant, elle tournait dans ma tête car elle reflétait pour le moins une réalité grammaticale. Chaque année, j'essayais de répondre à l'incompréhension exprimée par certains enfants mais je constatais aussi que cette règle validait la réalité familiale et sociale vécue par d'autres.


Heureusement, ce principe n'est plus une fatalité grâce à la règle dite de proximité selon laquelle l'adjectif s'accorde avec le nom qui le précède comme dans la proposition « Le garçon et la fille sont belles ». La maison d'édition iXe qui propose de si beaux textes applique désormais cette règle et explique pourquoi au début de chaque ouvrage : instructif et passionnant !

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Meskine 1

Deux grands-mères, deux langues, deux mots, un même respect des autres

Par Le 09/03/2022

Ma grand-mère maternelle parlait français et provençal. Le provençal était sa langue maternelle. Elle parlait français avec moi mais dès qu'elle était émue, elle n'utilisait plus que le provençal. Quand elle apprenait la détresse de quelqu'un, elle réagissait par un « Peuchère ! » qui exprimait la peine que lui causait le malheur d'autrui. C'est son « Peuchère ! » qui m'a sensibilisée aux sentiments d'autrui et m'a initiée à l'empathie.

Dans son roman L'art de perdre, Alice Zeniter raconte comment Yema, la grand-mère de la narratrice, enseigne à ses enfants l'empathie : « C'est une règle de politesse élémentaire que Yema enseigne à ses enfants : lorsque quelqu'un dit qu'il a mal, on le croit, on le plaint. Les Français ne connaissent pas selon elle cet art de vivre. Quand tu dis que tu as mal, ils répondent « Mais non », « C'est rien du tout » ou « ça va aller ». Ici (...) si quelqu'un dit : « J'ai mal au dos », l'assemblée entière répond « Meskin ! » avec le plus grand sérieux. » 

« Meskin ! » , « Peuchère ! », des mots différents, des langues différentes mais le même sentiment de compassion. J'aurais aimé que Yema rencontre ma grand-mère. Yema aurait peut-être changé d'avis en découvrant qu'on enseignait la compassion aux enfants en Provence et en langue provençale.

Et pour vous, quel est le mot qui vous relie aux autres et vous permet d'exprimer votre compassion ?

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Salon rose villa noilles

Le salon rose de la villa Noailles

Par Le 03/03/2022

Si vous aimez l'architecture du début du vingtième siècle, alors la visite de la villa Noailles à Hyères vaut le détour.

Construite par Robert Mallet-Stevens dans les années vingt pour les mécènes Charles et Marie-Laure de Noailles, elle a été un nid et un écrin pour des artistes avant-gardistes du siècle passé. Remarquablement rénovée, elle offre au visiteur d'aujourd'hui une expérience sensorielle et esthétique remarquable.


Parmi tous les espaces de la villa Noailles, celui que je préfère est le salon rose. La découverte de ce salon et l'expérience sensorielle que j'y ai vécue ont été si singulières que j'ai plusieurs fois rêvé que je marchais paisiblement dans le salon rose. La salon n'a pas de fenêtre, tous ses murs sont aveugles mais la verrière ouvragée pulvérise les limites de son volume. Il en résulte une sensation de légèreté et un sentiment de liberté insolites.

Je ne saurais qu'en recommander vivement la visite !